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26-06-2020 | Carnets d'Orient

Carnets d'Orient - vendredi 26 juin 2020 : le douanier Hun

Chapitre précédent 

Jean Dulindur, assassin en herbe, partit sur le champ aux champs. Ayant pignon sur rue, son chemin n'en était que plus hallucinant. Enchanté par le thé, il prit la direction l'Orient.

« Enfin seul » se dit-il, l'âme en peine. Perdu dans ses pensées, Jean Dulindur gagnait l'est et par conséquent remontait fort logiquement le temps.

Arrivé à la frontière mosellane, il rencontra un douanier Hun. 

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23-06-2020 | Carnets d'Orient

Mercredi 24 juin 2020 : sur le champ

« Plutôt qu'une cigarette ou quelques minutes pour demander pardon, j'ai pour dernière volonté un gilet pare-balles en kevlar » indiqua Jean Dulindur, assassin en herbe, condamné à être fusillé pour avoir biné un jardin à coups de pelle. Si au moins il avait biné en silence. Mais non. Il fallait qu'il se prenne pour Connors ou Mc Enroe et appelle chaque coup dans le sol à grands cris. « Je sais, j'en fais toujours trop. »


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22-06-2020 | billets

État et numérique : le nouvel espace public

Avec le numérique, nous sommes sans doute à l'aube d'une révolution digne de la maîtrise du feu. Certes, ce n'est pas la première fois qu'un texte sur le numérique ne débute par une introduction fracassante. Vous allez voir ce que vous allez voir. Et pour l'heure, on attend encore. Encore? Pas vraiment.

 

La révolution numérique dépasse largement le progrès technologique. Elle décloisonne les êtres humains et donne accès au plus grand nom à ce qui était inaccessible auparavant. Elle ouvre un nouvel espace où naissent et grandissent langages, échanges, voyages, controverses, violences, régulations, jeux, cultures, codes sociaux, et ce, sans limite, sous de fausses (ou nouvelles?) identités souvent. Cet espace est le lieu de renaissances non réelles mais qui peuvent être prises pour du réel. Deux personnes réelles se créent des personnages et interagissent numériquement. Est-ce là l'émergence d'une nouvelle réalité?

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21-06-2020 | billets

La gauche française et la République

La gauche française a parfois du mal avec l'idée de République. L'une n'implique pas toujours l'autre. Et réciproquement. Les deux champs sont différents, que ce soit d'un point de vue historique ou symbolique. N'oublions pas que la gauche n'a apporté ni la démocratie ni la République en France. Certes, certains diront que la division entre droite et gauche date de ce qui s'est passé le 28 août 1789 au début de la discussion sur la constitution sur la question des pouvoirs du roi et du droit de veto. Les partisans d'un droit de veto absolu (les deux tiers) en gros se sont regroupés a la droite du président et ceux qui le voulaient juste suspensif 325 se disposèrent sur le côté gauche. Ce serait la naissance de la droite et de la gauche avec une gauche très minoritaire. Mais ce clivage relève plus de l'arrangement français que d'un élément marxiste qui fonde la gauche dans le monde.

 

Toutefois, au cours de son histoire, la gauche s'est souvent ralliée à la République : affaire Dreyfus, antifascisme du Front populaire, résistance à l'occupant allemand nazi, et ce, dès lors que la Démocratie était en danger, comme sous Vichy. 

C'est pourquoi la République a accueilli au Panthéon Jean Jaurès et Aimé Césaire.

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20-06-2020 | billets

L'idée républicaine en danger

L'idéal républicain privilégie la généralité aux dépens du particularisme, la volonté générale plutôt que l'individualisme: Tocqueville retoqué. Le libéralisme est une culture politique minoritaire en France. L'Unité est le mythe fondamental de l'imaginaire républicain et le demeure encore aujourd'hui.

Ce point cardinal nourrit la réflexion sur les grandes questions politiques, sociales et culturelles de la France d'aujourd'hui : la fracture sociale est un mot d'ordre de campagne présidentielle, l'exclusion sociales est le lieu d'un combat permanent, les inégalités territoriales aussi et induisent les péréquations, l'intégration européenne devient problématique dès lors qu'elle se fait en conflit avec l'imaginaire républicain, les dysfonctionnements du système éducatif, pilier de la République qui assure à chaque individu la possibilité de s'élever socialement, la place de l'Islam qui parait trop orthogonale aux principes républicains.

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19-06-2020 | billets

De Gaulle, incarnation de l'imaginaire républicain

Au travers de l'appel du 18 juin, le général de Gaulle est célébré parce ce qu'il incarne notre imaginaire de la République. L'incarnation est un puissant vecteur de l'imaginaire républicain. C'est peut-être un paradoxe de l'idée républicaine dont le discours est plutôt abstrait (« liberté égalité fraternité ») et tend vers l'universalisme, tandis que l'idée de République se nourrit d'incarnations représentant la grandeur de la République: De Gaulle, après Napoléon, par exemple.


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18-06-2020 | billets

Le dilemme du prisonnier en économie et en droit

Il est un problème qui m'a souvent servi à prendre des décisions ou anticiper les réactions des uns ou des autres. C'est le dilemme du prisonnier et la théorie des jeux en général. De quoi s'agit-il ?

Deux suspects sont arrêtés par la police. Mais le juge n'a pas assez de preuves pour les inculper, donc il les interroge séparément en leur faisant la même offre. « Si tu plaides l'innocence et que l'autre prévenu plaide coupable, tu seras remis en liberté et lui écopera de 20 ans de prison. Si tous deux plaider coupables, vous écoperez tous les deux de 2 ans de prison. Si tous les plaident l'innocence, je ne vous croirai pas et pour vous faire réfléchir, vous aurez tous deux 6 ans de prison. »

 

Chose intéressante : l'analyse économique de ce dilemme aboutit à une conclusion très différente de celle produit par l'analyse juridique.

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17-06-2020 | billets

Manipulez, manipulez, il en restera toujours quelque chose

Et la toile de s'émouvoir. Une fois de plus. Une infirmière a été interpellée lors de la manifestation d'hier, de manière ultra violente par une nuée de robocops colossaux qui n'avaient cure de l'asthme dont souffre celle qui des jours et nuits durant avait lutté contre la pandémie du Covid-19.


Cette infirmière haute comme 3 pommes (1,55m) avait eu le coronavirus. Une héroïne traînée par les cheveux par des forces de l'ordre casquées bottées sur-armées. « Je veux ma ventoline » proteste cette victime de l'exaction policière, « je suis asthmatique ». Consternation. Indignation. 

Mais il faut regarder tout le film.

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© 2010-2020 - François Hada